Jared Bark
Divya Cowasji
Je me souviens du premier jour où je suis entré dans la bibliothèque de l’ICP. J’avais l’impression de pénétrer dans un lieu sacré. J’avais un peu moins de trente ans, et c’était la première fois que je découvrais un livre de photographie, sans parler des milliers qui s’y trouvaient. Ce jour-là, je me suis plongé dans deux ouvrages : Immediate Family de Sally Mann et On Being an Angel de Francesca Woodman.
J’essaie avant tout de créer à partir d’un sentiment de joie, alors j’écoute tout ce qui m’y conduit. Le plus souvent, ce sont les musiques avec lesquelles j’ai grandi : de la pop et du rock des années 1980, 1990 et du début des années 2000, ainsi que des power ballads que je peux mettre à fond et chanter à tue-tête, en faisant semblant de bien chanter.
Mes rideaux occultants. Ils me permettent de couper le monde extérieur et de préserver l’intimité nécessaire pour être aussi étrange que je le souhaite lorsque je suis seul dans mon atelier.
Je crois qu’avant même d’avoir les mots pour dire que je voulais devenir artiste, je l’étais déjà d’une certaine manière, comme la plupart des enfants. En grandissant, j’ai un temps oublié de nourrir cette part de moi, mais je suis infiniment reconnaissant d’avoir retrouvé le chemin qui m’y ramène.
Elle tourne toujours autour de la nourriture, d’une manière ou d’une autre : aller déjeuner ou dîner quelque part, ou décider de cuisiner quelque chose de spécial. J’étudie aussi avec une certaine obsession les cuisines du monde entier et je réalise des cartes culinaires de lieux où je ne suis pourtant jamais allé. Je passe du temps avec ceux que j’aime, je fais des appels vidéo avec des amis, je profite de longues heures allongé sur le canapé, de câlins, de musique, de danse, d’une longue balade en voiture ou d’un pique-nique.
Livres & Objets

Portrait par Soyeohang Rai, Siem Reap, 2024















































